Publié le 13 octobre 2026 par Équipe Objectif Adjoint

Accord de tout, même, quelque : les pièges du concours d'adjoint

Accord de tout, même et quelque au concours d'adjoint administratif : quand ils varient, quand ils restent invariables, et les tests rapides pour trancher en QCM.

« Elles sont tout heureuses » ou « elles sont toutes heureuses » ? Les deux s’écrivent, mais elles ne disent pas la même chose. L’accord de tout, même et quelque au concours d’adjoint administratif fait partie des questions de grammaire les plus redoutées, parce que ces trois mots changent de nature selon leur place dans la phrase. Adverbe, ils restent en principe invariables. Adjectif, déterminant ou pronom, ils s’accordent. Tout le travail consiste donc à identifier leur fonction en quelques secondes. Voici les règles qui comptent, les exceptions qui tombent, et un test de remplacement pour chacun.

Pourquoi ces trois petits mots piègent-ils autant de candidats ?

Parce qu’ils ressemblent à des mots simples. Personne ne révise tout. On le croit acquis depuis l’école primaire. Et c’est précisément ce qui le rend efficace dans un QCM : le candidat lit vite, l’oreille ne détecte rien, la mauvaise réponse passe.

L’épreuve de français du concours d’adjoint administratif vérifie l’orthographe, la grammaire et le vocabulaire à travers des exercices courts, d’après les descriptifs officiels de l’Éducation nationale. Le format exact (nombre de questions, durée, coefficient, note éliminatoire) varie selon le versant et la session. Reportez-vous à la notice du concours que vous visez. Mais sur le fond, les mots variables ou invariables selon leur fonction sont un classique absolu des questions de grammaire, au même titre que l’accord du participe passé.

Une remarque de méthode avant d’entrer dans le détail. Ne cherchez pas à mémoriser une liste d’exemples. Retenez une question unique, que vous poserez à chaque fois : ce mot modifie-t-il un nom, ou un adjectif ? S’il porte sur un nom, il s’accorde presque toujours. S’il porte sur un adjectif ou un adverbe, il est adverbe, et l’invariabilité devient la règle. Presque tout le reste découle de là.

Tout ou toute : quand l’adverbe s’accorde-t-il ?

Commençons par le cas facile. Quand tout accompagne un nom ou le remplace, il s’accorde normalement :

  • tous les dossiers, toutes les pièces justificatives, tout le service ;
  • « Les candidates sont arrivées. Toutes ont signé la feuille d’émargement. »

Le piège arrive avec tout adverbe, au sens de « entièrement » ou « tout à fait ». Il est invariable par nature. Sauf dans un cas, et c’est celui que les concepteurs adorent : devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré, il s’accorde pour des raisons d’euphonie.

« Il faut mettre toute et toutes devant les adjectifs qui commencent par une consonne. » Académie française, rubrique Questions de langue

Ce qui donne :

  • « La salle est toute petite. » (consonne, féminin : accord)
  • « Elles étaient toutes honteuses. » (h aspiré : accord)
  • « Elle est tout étonnée. » (voyelle : invariable)
  • « Les agentes sont tout heureuses. » (h muet : invariable)
  • « Ils sont tout contents. » (masculin : toujours invariable)

Retenez la logique. Au masculin, jamais d’accord. Au féminin, l’accord suit le son de l’adjectif qui suit : si vous pouvez faire la liaison (tout‿étonnée), c’est tout. Si la liaison est impossible, c’est toute. Votre bouche connaît déjà la réponse.

Le cas qui fait perdre des points : « toutes heureuses »

Revenons à la phrase d’ouverture. « Elles sont tout heureuses » signifie qu’elles sont très heureuses : tout est adverbe, invariable devant le h muet. « Elles sont toutes heureuses » signifie qu’elles sont heureuses, toutes sans exception : toutes est ici un pronom, sujet ou apposé, qui s’accorde avec elles. Les deux phrases sont correctes. Au concours, c’est donc le sens de la phrase proposée qui tranche. Si la question précise « chacune d’entre elles », c’est le pronom.

Même raisonnement pour tout autre. « Toute autre solution sera refusée » : toute porte sur le nom solution, au sens de « n’importe quelle autre ». « C’est une tout autre solution » : tout porte sur l’adjectif autre, au sens de « complètement différente », il reste invariable. Le test : si vous pouvez insérer n’importe quelle, accordez.

Même ou mêmes : adjectif ou adverbe ?

Même fonctionne sur le même principe, avec une difficulté supplémentaire : sa place ne suffit pas toujours à trancher.

Adjectif, il s’accorde. Avant le nom, il exprime l’identité : « les mêmes formulaires », « les mêmes erreurs reviennent chaque année ». Après un nom ou un pronom, il insiste : « les responsables eux-mêmes », « ces règles mêmes ». Avec un pronom personnel, il se lie par un trait d’union et suit le nombre du pronom : eux-mêmes, elles-mêmes, nous-mêmes.

Attention à une finesse qui tombe parfois : avec le vouvoiement de politesse, on écrit « Madame, vous-même l’avez constaté » au singulier, puisque l’on s’adresse à une seule personne. Le pronom est pluriel, la personne ne l’est pas.

Adverbe, il est invariable. Il signifie alors « y compris » ou « aussi », et se place le plus souvent devant le groupe nominal : « Même les agents expérimentés se trompent sur cette règle. » Ici, même ne qualifie pas agents, il porte sur toute la proposition.

Le test le plus fiable : remplacez par « y compris ». Si la phrase garde son sens, c’est l’adverbe, invariable. Si elle n’en a plus, c’est l’adjectif, accordé.

Cas limite : « Les candidats mêmes ont protesté » et « Les candidats même ont protesté » sont deux phrases défendables, l’une au sens de « les candidats eux-mêmes », l’autre au sens de « y compris les candidats ». Un QCM sérieux n’opposera pas ces deux formes sans contexte. S’il le fait, cherchez l’indice dans la suite de la phrase.

Correction expliquée dans Objectif Adjoint : une question de français, la bonne réponse mise en évidence en vert, et l’encart « Explication » qui la justifie

Quelque, quelques ou quel que : comment ne plus hésiter ?

C’est le trio le plus redouté, parce qu’il combine trois mots différents qui se prononcent presque pareil. Prenez-les un par un.

Quelque devant un nom est un déterminant. Il s’accorde en nombre avec ce nom : « quelques dossiers en attente », « depuis quelque temps ». Au singulier, il signifie « un certain » ; au pluriel, « plusieurs ». Certaines locutions restent figées au singulier : quelque chose, quelque part, quelque peu, en quelque sorte.

Quelque devant un nombre est un adverbe au sens d’« environ ». Il est invariable : « Quelque deux cents candidats se sont présentés. » Test : remplacez par environ. Si la phrase tient, pas de s.

Quelque + adjectif + que est aussi un adverbe, au sens de « si » ou « aussi ». Invariable : « Quelque compétents qu’ils soient, ils doivent repasser l’épreuve. » Test : remplacez par si (« si compétents qu’ils soient »).

Quel que, en deux mots, se place devant le verbe être au subjonctif (parfois devant devoir ou pouvoir suivis de être). Quel s’accorde alors en genre et en nombre avec le sujet du verbe, qui se trouve après :

  • « Quelle que soit la note, vous recevrez votre relevé. » (la note, féminin singulier)
  • « Quels que soient les résultats, la liste sera publiée. » (masculin pluriel)
  • « Quelles que soient vos contraintes, gardez une séance de révision quotidienne. » (féminin pluriel)

L’erreur classique consiste à écrire « quelque soit la note ». Elle est fautive dans tous les cas. Dès que soit ou soient suit immédiatement, c’est quel que en deux mots, accordé avec ce qui vient après le verbe. Cette règle seule vous rapportera des points à coup sûr.

Comment rendre ces accords automatiques avant l’épreuve ?

Relisez les tests de cette page. Il y en a un par mot, et c’est tout ce qu’il faut garder en tête le jour J :

  1. Tout devant un adjectif féminin : liaison possible, tout ; liaison impossible, toute.
  2. Même : remplacez par « y compris ». Ça passe, invariable.
  3. Quelque : remplacez par « environ » ou « si ». Ça passe, invariable.
  4. Quel que : suivi de soit, deux mots, accord avec le sujet placé après.

Ces tests ne servent à rien si vous ne les déclenchez pas sous pression. Lire une fiche donne l’illusion de savoir. La seule façon de vérifier, c’est d’enchaîner les phrases, de se tromper, et de comprendre l’erreur tout de suite. Le thème Français d’Objectif Adjoint fonctionne exactement ainsi : une question, votre réponse, puis une correction expliquée qui vous dit pourquoi c’est toute et pas tout. Vous pouvez commencer avec les questions gratuites, sans créer de compte. Ensuite, passez en mode Examen Blanc chronométré, pour vérifier que le réflexe tient quand le temps presse. L’achat unique Préparation Complète à 9,90 € ouvre la banque entière de questions et les examens blancs illimités, sans publicité.

Un dernier conseil, tranché : ne consacrez pas une semaine à ces trois mots. Une heure bien employée suffit pour comprendre les règles, puis quelques minutes par jour d’entraînement pour les ancrer. Gardez votre énergie pour la régularité. Et si vous voulez continuer sur la grammaire qui rapporte, attaquez ensuite les homophones grammaticaux, qui reposent sur la même mécanique de test par remplacement.

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