Publié le 6 octobre 2026 par Équipe Objectif Adjoint
Problèmes de calcul : la méthode au concours d'adjoint administratif
Résoudre un problème de calcul au concours d'adjoint administratif en temps limité : lire l'énoncé, découper les étapes, vérifier. Exemples corrigés.
Un problème de calcul au concours d’adjoint administratif se perd rarement sur le calcul lui-même. Il se perd sur la lecture. Le candidat multiplie correctement, mais il multiplie les mauvais nombres, ou il répond à une question qu’on ne lui a pas posée. La méthode qui marche tient en quatre temps : lire la question avant les données, découper l’énoncé en étapes courtes, calculer étape par étape, puis contrôler l’unité et l’ordre de grandeur. Voici comment l’appliquer en temps limité, avec cinq énoncés corrigés du niveau de l’épreuve.

Pourquoi les problèmes de calcul font-ils perdre autant de points ?
Commençons par ce que l’épreuve n’est pas. Ce n’est pas un examen de mathématiques au sens scolaire. Pour le concours externe d’adjoint administratif principal de 2e classe du ministère de l’Intérieur, le rapport du jury de la session 2023 décrit ainsi l’une des deux épreuves écrites :
« Une épreuve écrite consistant en courts exercices destinés à évaluer les capacités du candidat en français (vocabulaire, orthographe, grammaire) et mathématiques (coefficient 3). »
Le même jury rappelle que « les règles de base de français (grammaire, vocabulaire, orthographe) et des mathématiques (pour les QCM) doivent donc être révisées avant la participation au concours ». Des règles de base. Pas des équations du second degré.
Côté territorial, plusieurs centres de gestion organisent un exercice de tableau numérique à compléter à partir d’un dossier. Là encore, l’essentiel du travail consiste à repérer la bonne donnée dans un texte et à suivre une consigne. Le format exact (QCM, réponses courtes, tableau, durée, barème) change selon l’employeur et la session : la seule référence qui vaut est la notice de votre concours. Vous trouverez les grandes lignes dans notre fiche sur les épreuves du concours d’adjoint administratif.
Le point commun à tous ces formats ? Un énoncé en français, des nombres cachés dedans, et une question à la fin. Le calcul est le dernier maillon de la chaîne. C’est la lecture qui fait les dégâts.
Comment lire un énoncé de problème sans se faire piéger ?
Premier réflexe, contre-intuitif : lisez la question avant les données. La dernière phrase de l’énoncé dit ce que l’on cherche. Si vous la connaissez avant de lire le reste, chaque nombre rencontré trouve immédiatement sa place, utile ou inutile.
Deuxième réflexe : soulignez les données et barrez le décor. Un énoncé de concours contient souvent un nombre qui ne sert à rien, placé là pour tester votre attention. Le nom du service, l’année, le nombre d’agents quand la question porte sur un budget : du décor.
Troisième réflexe : reformulez la question en une phrase à vous. « On cherche combien d’argent il reste, en euros. » Cette phrase vous donne l’unité de la réponse avant même de commencer. Si votre résultat final n’est pas en euros, vous savez qu’il y a un problème.
Prenons un énoncé typique.
Un service municipal dispose d’un budget fournitures de 1 500 euros pour l’année. En mars, il commande 12 ramettes de papier à 4,20 euros l’unité et 3 cartouches d’encre à 65 euros l’unité. La livraison est facturée 18 euros. Le service compte 7 agents. Quel montant reste-t-il sur le budget après cette commande ?
La question : le reste du budget, en euros. Le décor : le mois de mars et les 7 agents. Ils ne servent à rien. Un candidat pressé divise le reste par 7 « parce que le nombre est là ». Point perdu.
Quelle méthode appliquer pour résoudre un problème en plusieurs étapes ?
Un problème de concours se résout rarement en une seule opération. Il en enchaîne deux, trois, parfois quatre. La règle d’or : une étape, une ligne, un résultat nommé. Ne faites jamais deux opérations dans la même ligne de tête.
Reprenons le budget :
- Papier : 12 × 4,20 = 50,40 euros
- Encre : 3 × 65 = 195 euros
- Total de la commande : 50,40 + 195 + 18 = 263,40 euros
- Reste : 1 500 − 263,40 = 1 236,60 euros
Quatre lignes. Chacune se vérifie en deux secondes. Si vous vous trompez à l’étape 2, vous le voyez. Si vous aviez tout fait d’un bloc, vous ne sauriez pas où chercher.
Deuxième énoncé, avec un pourcentage dans un pourcentage.
Un service reçoit 240 courriers par semaine. 35 % sont des réclamations. Le chef de service traite lui-même un quart des réclamations, les agents traitent le reste. Combien de réclamations les agents traitent-ils chaque semaine ?
- Réclamations : 10 % de 240 = 24, donc 30 % = 72 et 5 % = 12. Total : 72 + 12 = 84 réclamations
- Part du chef : 84 ÷ 4 = 21
- Part des agents : 84 − 21 = 63 réclamations
Le piège classique ici : calculer le quart des 240 courriers au lieu du quart des 84 réclamations. Le mot « des réclamations » dans l’énoncé désigne la base du calcul. Lisez la préposition, elle vous dit sur quoi porte le pourcentage. Pour les raccourcis de calcul mental utilisés à l’étape 1, voyez notre méthode pour calculer un pourcentage sans calculatrice.
Le cas des durées : le piège de la base 60
Troisième énoncé, très administratif.
Une agente arrive à 8 h 45 et repart à 17 h 20. Elle prend une pause déjeuner d’1 h 15. Quelle est sa durée de travail effectif sur la journée ?
- Amplitude : de 8 h 45 à 17 h 20. De 8 h 45 à 9 h, 15 minutes. De 9 h à 17 h 20, 8 h 20. Total : 8 h 35
- Travail effectif : 8 h 35 − 1 h 15 = 7 h 20
Jusque-là, tout va bien. Le piège arrive quand une question suivante demande un calcul en heures décimales, par exemple pour un salaire horaire. 7 h 20 ne s’écrit pas 7,20 h. Une heure compte 60 minutes, pas 100. 20 minutes, c’est un tiers d’heure, soit environ 0,33 h. Donc 7 h 20 = 7,33 h environ. Ce glissement coûte des points à chaque session, et les QCM proposent volontiers 7,20 parmi les réponses pour attraper ceux qui convertissent trop vite. Les conversions de durées sont détaillées dans notre article sur les conversions d’unités au concours.
Le cas de la moyenne à atteindre
Quatrième énoncé.
Un agent a traité 42, 38, 51 et 45 dossiers sur les quatre premiers jours de la semaine. Combien doit-il en traiter le cinquième jour pour atteindre une moyenne de 45 dossiers par jour ?
- Total nécessaire sur 5 jours : 45 × 5 = 225
- Total déjà traité : 42 + 38 + 51 + 45 = 176
- Dossiers à traiter le vendredi : 225 − 176 = 49
La mauvaise méthode consiste à tâtonner avec des moyennes partielles. La bonne passe toujours par le total. Une moyenne, c’est un total divisé par un nombre de jours : remontez au total et le problème devient une soustraction.
Comment gérer le temps sur un problème de calcul ?
Le chrono change tout. Un problème que vous résolvez en quatre minutes chez vous en prendra six le jour J, avec le stress et une salle d’examen silencieuse. Trois habitudes font gagner ce temps.
Estimez avant de calculer. Sur le budget, 12 ramettes à environ 4 euros, c’est environ 50 euros. 3 cartouches à 65 euros, environ 200. Le reste tourne donc autour de 1 230 euros. Sur un QCM, cette estimation suffit souvent à éliminer deux ou trois propositions sans poser une seule opération exacte. Sur une épreuve à réponse rédigée, elle sert de garde-fou.
Posez les calculs sur le brouillon, pas dans votre tête. Le calcul mental sous stress produit des erreurs de retenue. Écrire « 12 × 4,20 » prend trois secondes et en économise trente de doute.
Fixez-vous une limite par problème. Si un énoncé vous bloque après deux lectures complètes, passez au suivant et revenez-y à la fin. Un problème insoluble à la minute 10 devient souvent évident à la minute 50, quand le stress est retombé. Notre méthode complète pour gérer le chronomètre pendant les épreuves détaille comment répartir les minutes entre français et calcul.
Dernier geste, celui que presque tout le monde oublie : la vérification finale en dix secondes. Trois questions. Le résultat est-il dans la bonne unité ? Est-il plausible (un reste de budget ne peut pas dépasser le budget, un nombre de dossiers ne peut pas être décimal) ? Répond-il à la question posée, et pas à une question intermédiaire ? Ce dernier point attrape une erreur fréquente : s’arrêter à l’étape 1 du problème des réclamations et cocher 84 au lieu de 63.

Comment s’entraîner efficacement aux problèmes de calcul ?
Notre position est tranchée : relire des fiches de méthode ne sert à rien si vous ne résolvez pas d’énoncés. La méthode en quatre temps ne devient un réflexe qu’après quelques dizaines de problèmes faits à la main, lentement d’abord, puis en temps limité.
Une progression qui fonctionne bien pour un candidat qui travaille à côté :
- Les deux premières semaines, résolvez trois ou quatre problèmes par jour sans chrono, en écrivant chaque étape. L’objectif est la propreté, pas la vitesse.
- Ensuite, passez en temps limité et notez le temps passé par énoncé. Vous verrez vos points faibles apparaître : durées, pourcentages successifs, ou lecture trop rapide.
- Les dernières semaines, mélangez calcul et français dans la même séance, comme le jour de l’épreuve. Passer d’un accord du participe à une moyenne demande une gymnastique qui se travaille aussi.
Gardez un carnet d’erreurs. Pas une liste de règles : une liste de vos fautes, avec l’énoncé et la ligne où vous avez dérapé. Au bout de trois semaines, vous constaterez que ce sont presque toujours les deux ou trois mêmes. C’est sur elles qu’il faut taper.
Pour la pratique quotidienne, le thème Mathématiques de l’application Objectif Adjoint propose des questions de calcul avec une correction expliquée après chaque réponse, et le mode Examen Blanc chronométré vous place dans les conditions de temps de l’épreuve. Une partie des questions est accessible gratuitement en découverte, sans compte. Les problèmes de calcul ne demandent pas de talent particulier. Ils demandent une routine de lecture, toujours la même, appliquée jusqu’à ce qu’elle ne vous coûte plus d’effort. Et si la règle de trois reste un point fragile, commencez par là : notre article sur la règle de trois au concours en fait le tour en une séance.
